Archives de Catégorie: Développement web

L’État bouillonne à 2.0

Il se passe quelque chose en ce moment. Le Québec bouillonne… à 2.0.  Le web, les technologies de l’information, la mobilité réclament leur place dans l’espace public. Non plus seulement dans les échanges sociaux et collectifs, mais dans ce qui relève de l’État.  L’Internet existe seulement depuis 20 ans et son utilisation massive remonte à quoi… 7 ou 8 ans? Comment concilier l’adoption croissante du web et de ses dérivés, les possibilités exponentielles qui découlent du web (possibilités d’applications, mais également de besoins chez les gens) avec la lenteur caractéristique de l’appareil gouvernemental à s’adapter?

L’une des clés de solution réside fort probablement dans la participation citoyenne. Ouverture au public des données non nominatives,  présence accrue dans les médias sociaux, mobilité de l’information constituent les principaux enjeux du virage à entreprendre.  « Ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous. Demandez ce que vous pouvez faire pour votre pays », disait J.F. Kennedy, en 1961. À l’ère du digital, l’État doit s’ouvrir et surtout réapprendre à faire confiance à ses citoyens, car c’est clairement avec la contribution de la population que l’État et la société qu’il dirige peut avancer.

Dans ce billet, j’aimerais tout simplement souligner quelques initiatives – citoyennes et gouvernementales – qui ont cours en ce moment et dont les objectifs sont d’ouvrir la discussion, d’alimenter la réflexion et d’amorcer quelques projets concrets dans le triangle État – Citoyens – Web & technologies de l’information.

Mentionnons tout d’abord le travail du député provincial de Verdun, Henri-François Gautrin. Mandaté par le premier ministre, M. Gautrin a eu la tâche de mener une vaste consultation publique sur le rôle du web 2.0 et des médias sociaux dans la société québécoise et surtout répondre à l’interrogation grandissante « Comment le gouvernement du Québec peut-il exploiter le Web 2.0 […] pour améliorer la qualité des services aux citoyens et son efficacité interne? » Le Rapport Gautrin devait être publié à la fin de janvier 2012, mais il reste pour l’instant secret à la demande du Premier ministre Jean Charest lui-même (Le Devoir, 23 février 2012). Cependant, nous savons déjà que ses recommandations orienteront vivement le gouvernement vers un État «ouvert, transparent, participatif et collaboratif».

Souhaitons également que le député Gautrin rendra publics certains éléments fort de sa consultation lors de sa conférence Gouverner autrement, qui sera prononcée demain, vendredi le 24 février 2012 au WAQ – Le Web à Québec. La population est invitée à écouter la conférence en direct, dès 10 h 30, sur le site web du WAQ http://webaquebec.org/programmation/51

Dans le même ordre d’idées, un GouvCamp s’est déroulé hier dans la capitale nationale. Le principe du « camp » est de réunir des gens intéressés autour d’un sujet prédéfini, tous et chacun devenant un participant de la discussion ouverte; le camp se tient donc sans conférencier invité. La thématique du premier GouvCamp était « Comment la technologie peut améliorer la mission des gouvernements?» Les réseaux sociaux comme espace de rapprochement  avec le citoyen et comme source de compréhension sociale, de même que l’enjeu des données ouvertes, ont été en vedette durant cet après-midi. L’article du Devoir, intitulé « Pour un État à l’ère du numérique » (23 février 2012), résume bien les points prépondérants qui ont été débattus.

Toujours hier en marge du WAQ, la Ville de Québec a annoncé l’ouverture de ses données. Il s’agit d’une collaboration entre la ville et le groupe de citoyens Capitale Ouverte. Avec des données non nominatives qui sont accessibles à tous, les internautes sont libres « de créer des applications mobiles ou d’effectuer une multitude de développements sur le Web ». (Communiqué de la Ville de Québec, 23 février 2012). Optimiser la présentation des horaires d’autobus, recenser sur une carte virtuelle les zones routières qui sont en construction, être plus renseigner sur les activités quotidiennes de son conseiller municipal ne sont que quelques exemples d’applications possibles. À vous d’explorer les possibilités sur donnees.ville.quebec.qc.ca

Finalement, un autre groupe, nommé Québec Ouvert, vient tout juste de voir le jour et milite en faveur de l’ouverture des données, mais à l’échelle provinciale cette fois-ci.

Tous ces organismes, camps, hackethons recherchent des idées nouvelles, des passionnés et des gens compétents. Serez-vous un agent de changement?!

-Par Caroline Manseau

ICANN et gTLD: les adresses web personnalisées arrivent en 2012

.COM, .NET, .ORG… et bientôt .APPLE ou .MCDO? Petit topo sur les noms de domaine de premier niveau, l’ICANN et les changements prévus en 2012.

Qu’est-ce qu’un nom de domaine?

Si j’ai choisi www.quoifaireaquebec.com et www.goingtoquebec.com comme noms de domaine pour deux de mes sites web, c’est parce que ces adresses web se retiennent bien et qu’elles traduisent clairement le genre de contenu que les internautes y  trouveront. À la base, les ordinateurs se connectent à des adresses IP pour passer d’un site web à l’autre. Sauf que 184.107.197.82 est beaucoup plus difficile à retenir et moins révélateur que http://www.quoifaireaquebec.com. Les noms de domaine existent donc comme un « déguisement » de mots simples pour remplacer une série de chiffres complexe.  (Fin de l’explication éducative destinée à mon frérot qui lit tous mes billets).

.COM, .ORG et bientôt .APPLE ou .MCDO?

À l’enregistrement d’un nom de domaine, simples utilisateurs et grandes marques sont restreints par les domaines de premier niveau (ou en anglais Generic Top-Level Domain, ci-après gTLD) dont seulement quelques choix sont offerts. Au Québec, par exemple, les gTLD sont limités à .COM, .NET, .ORG, .BIZ, .INFO, .TV et aux codes nationaux tels que .CA et .QC.CA. Il est impossible de réserver une adresse se terminant par .MANSEAU ou .XYZ

vous connaissez l’icann?

Pourquoi certains domaines de premier niveau sont disponibles et d’autres non? Parce que l’ICANN (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers) l’a décidé ainsi. L’ICANN est un organisme international à but non lucratif qui établit les règles techniques de l’utilisation d’Internet:

l’ICANN supervise la distribution des identificateurs techniques uniques utilisés dans les opérations Internet et l’affectation des noms de domaine de premier niveau (tels que .com, .info, etc.).

Les autres questions concernant les internautes, telles que les règles relatives aux transactions financières, le contrôle du contenu sur Internet, les messages électroniques à caractère commercial non sollicités (“spam”) et la protection des données n’entrent pas dans le cadre des responsabilités de coordination technique de l’ICANN. [Source: site web de l’ICANN]

 Jusqu’à présent, l’ICANN limitait les gTLD aux quelques options citées plus haut. L’organisme s’apprête cependant à ouvrir la porte à toutes les possibilités inimaginables… en autant qu’on les paye!

diversification des gTLD EN 2012

En effet, du 12 janvier 2012 au 12 avril 2012, l’ICANN recevra les dossiers d’entreprises désirant déposer leur propre gTLD. J’insiste bien sur « entreprises », car l’enregistrement à lui seul coûtera environ 185 000 $ + l’engagement de payer 25 000 $ par année à l’ICANN pendant 10 ans (voir à ce sujet l’article de FrenchWeb.fr Les entreprises n’auront que 3 mois pour créer leur adresse Internet personnalisée).

Cette ouverture permettra concrètement aux marques reconnues de s’approprier des noms de domaines personnalisés. C’est donc dire que des adresses telles que http://www.UseOn.apple, http://www.drink.pepsi ou http://www.DoIt.nike pourront dorénavant exister. Imaginez les possibilités…! Une barrière de plus est levée en faveur de la créativité. Des équipes marketing doivent déjà cogiter aux nouvelles campagnes qui ne pourront se déployer que d’ici 2013 (l’ICANN prévoit environ un an pour effectuer l’analyse des dossiers soumis).

D’ici quelques jours, je reviendrais avec un deuxième billet qui abordera la position des grandes marques face à l’ouverture des gTLD (CRIDO vs ICANN, trop peu, trop tard?). Un indice: contrairement à ce qu’on aurait pu penser, non, elles ne sont pas contentes! À suivre bientôt.

– Par Caroline Manseau